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Les réactions ont été vives à la suite de la sortie-choc de François Legault lors d'une consultation publique à Longueuil pour la Coalition pour l'avenir du Québec (CAQ). Il a remis sur la table l'idée de l'abolition des cégeps. Déclaration prise hors contexte ou faux pas politique? Les acteurs régionaux lanaudois commentent.
François Legault l'a dit, certes. «Maudite belle place pour apprendre à fumer du pot.» Le nouveau directeur général du Cégep régional de Lanaudière, Marcel Côté, a finalement accepté de nous livrer ses réactions. Réactions qui ont été tempérées après les précisions qu'a apportées M. Legault. «D'abord, je l'aurais invité à visiter le Cégep pour l'amener à constater le sérieux des étudiants qui ne versent pas dans le commerce de la drogue.»
Il explique que le cofondateur de la CAQ a une vision des cégeps des années 70. «Chaque cégep est un levier socio-économique important et extraordinaire», a commenté le directeur général, à l'instar du député de Terrebonne, Mathieu Traversy. Ce dernier a décrit cet établissement d'enseignement comme «un acteur de développement économique du savoir», rappelant que plus de 1 650 étudiants s'y forment actuellement à Terrebonne seulement.
Le porte-parole de l'opposition officielle pour la jeunesse et les affaires étudiantes souligne aussi que 174 861 jeunes fréquentent les collèges du Québec et rappelle que le taux de diplomation aux programmes préuniversitaires s'élève à 72,4 %, alors qu'il est fixé à 62 % aux programmes techniques, selon les plus récentes données de 2007-2008. «Ce sont des données que M. Legault semble oublier, lance-t-il. Le cégep n'est pas un luxe, c'est un investissement!»
M. Côté décrit les programmes préuniversitaires comme étant un «lieu de transition» entre le niveau secondaire et le niveau universitaire. «Imaginez le choc que ce serait de passer du secondaire à l'université», a-t-il soulevé. De plus, il se dit pour le fait que les étudiants du préuniversitaire côtoient les formations techniques et y soient sensibilisés. Il pense également aux coûts engendrés pour un jeune qui doit quitter sa région plus tôt que prévu. «Ensuite, il est plus difficile des les ramener», conclut-il.
«On jase!»
À la suite du passage de M. Legault dans Lanaudière, un mouvement de sympathie des citoyens lanaudois s'est créé à son égard. Du côté de la circonscription de Masson, Éric Parent n'a pas souhaité émettre de commentaires quant à la «boutade» de François Legault à Longueuil. «Je n'ai pas de position officielle, puisqu'on attend encore la version de M. Legault. Je ne suis pas inquiet, poursuit-il, il va clarifier la situation.»
Tout comme son homologue dans la circonscription de Terrebonne, Valérie Robitaille, il affirme que ses paroles ont été mal rapportées, prises hors contexte. Selon les deux citoyens, il y a lieu de s'interroger quant à la pertinence des cégeps. «Pourquoi ça ne se fait pas ailleurs?» se questionne M. Parent. «Je ne suis pas contre une remise en question des cégeps, qui pourraient s'avérer plutôt des centres de formation professionnelle et technique», explique Mme Robitaille.
À travers ces consultations publiques, «on jase!» soutient Valérie Robitaille, qui a animé la conférence de François Legault à Charlemagne le 19 septembre. «J'ai justement parlé récemment à un jeune qui vient de sortir du cégep et qui m'a confié qu'il y avait un corridor qui sentait toujours le pot..., a-t-elle raconté au bout du fil. Il ne faut pas se cacher la tête dans le sable, ce n'est pas un jugement, il y a un fort taux de décrochage au collégial!» Même si 72 % d'étudiants obtiennent un diplôme aux programmes préuniversitaires? «Ce n'est pas assez! croit Mme Robitaille. Ce n'est pas une question de généraliser, c'est de regarder la réalité en face.» Elle salue l'effort de M. Legault, qui tente, selon elle, d'expliquer les causes du décrochage. «Beaucoup trop de jeunes traînent de la patte, s'éternisent au cégep, et c'est nous tous qui payons!» Toutefois, en moyenne, un étudiant prend 2,4 ans à terminer ses études préuniversitaires, alors que les programmes sont basés sur un curriculum de deux ans.
Les cégépiens prennent la parole
La position de l'Association générale des étudiants et étudiantes du Cégep de Lanaudière à Terrebonne, l'AGÉÉCLT, est unanime, rapporte son vice-président, Lucas Galarneau : «Le cégep est la meilleure préparation à l'autonomie et à la rigueur de travail.» Il allègue par ailleurs que le taux de décrochage est moindre au Québec à comparer au reste du Canada, résultat qu'il attribue à la présence des cégeps. «Nous sommes inquiets que M. Legault se dise le grand sauveur de l'éducation et adopte un comportement aussi démagogue pour une personnalité publique.» Il s'étonne aussi que l'ancien ministre péquiste discoure autant sur l'éducation, alors qu'il n'a jamais mis les pieds dans un cégep pour consulter les jeunes depuis qu'il a cofondé la Coalition.
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