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Des places largement insuffisantes Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par courriel

C'est un secret de polichinelle, les parents d'ici et d'ailleurs doivent s'y prendre de plus en plus tôt pour espérer obtenir une place en centre de la petite enfance (CPE) ou en garderie pour leurs enfants. Cette réalité est d'autant plus vraie dans les régions de Lanaudière et de la MRC Les Moulins, où parents, éducateurs et élus dénoncent la situation.

 «Actuellement, il est impossible de dire combien de parents de la région sont inscrits au Bureau d'inscription à la liste d'attente centralisée (BILA) pour obtenir une place pour leur enfant, étant donné que nous sommes liés par entente avec le ministère de la Famille et des Aînés en ce qui a trait à l'utilisation de ces données. Mais ce que je peux vous dire, c'est qu'il vaut mieux s'inscrire le plus tôt possible, soit dès le moment où les parents apprennent qu'ils attendent un enfant. Et c'est particulièrement vrai dans la MRC Les Moulins, où le taux de natalité est très important», explique d'entrée de jeu Dave Harvey, directeur général de l'Action régionale des CPE de Lanaudière.

Ce dernier, à l'instar des parents, est conscient du manque de places qu'il y a à combler dans la région. «En mars 2011, Québec annonçait la création de 15 000 nouvelles places à contribution réduite en CPE et en garderies, des mesures qui seront mises en place graduellement jusqu'en 2016. Et dans Lanaudière, nous sommes la troisième région à avoir obtenu le plus grand nombre de places promises, soit 1 909 places. Mais tout ça est insuffisant. C'est loin d'être suffisant pour répondre à nos besoins actuels et futurs.»

Un enjeu prioritaire

Mathieu Traversy et Guillaume Tremblay, députés provinciaux de Terrebonne et Masson, sont au fait de cette problématique. C'est là un de leurs dossiers prioritaires, comme c'est le cas pour leur formation politique. «L'octroi de davantage de places en garderies demeure l'un des enjeux majeurs auxquels souhaite s'attaquer le Parti Québécois. Notre promesse de créer une place en garderie pour chaque enfant sera d'ailleurs réitérée lors de la prochaine campagne électorale. C'est du sérieux : environ 3 000 enfants sont inscrits sur la liste d'attente», dénonce M. Traversy.

«Et il n'y a pas que le manque de places en CPE qui est préoccupant. Nos organismes sont à bout de souffle et peinent à répondre à la demande des citoyens», poursuit son homologue de Masson.

Pas juste une affaire de CPE

À cet effet, Karine Sweeney, de l'organisme Carrefour Familial des Moulins, confirme qu'il y a un manque à combler. «Du côté de mes cours pour les 0-6 mois et les 6-10 mois, c'est déjà complet et nous avons même une liste d'attente. Nous essayons d'avoir accès à d'autres locaux pour répondre à la demande, car ce n'est pas un manque de personnel, mais bien un manque d'espace qui nous limite. Toutefois, il faut rappeler qu'il existe des alternatives à nos services à Terrebonne et Mascouche, notamment au privé où il n'y a pas d'attente.»

Toujours selon la responsable périnatale, les jeunes familles expriment aussi le besoin d'avoir accès à des activités pour les enfants en bas âge les fins de semaine. «Ça ressort beaucoup quand les gens nous appellent», conclut-elle.
 
 
Penser à l’avenir… maintenant! Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par courriel

La région vit un véritable boom de naissances, mais paradoxalement, la population gagne en âge. Si les aînés questionnés par La Revue se disent actuellement comblés, qu'en sera-t-il demain, lorsque le phénomène du vieillissement de la population se fera encore plus important?

Hormis en ce qui a trait aux soins de santé, les personnes âgées semblent comblées par la multitude de services offerts dans la MRC Les Moulins. «C'est sûr que comme tout le monde, nous n'avons pas tous un médecin de famille à portée de main, mais sinon, nous avons accès à de nombreuses activités», de dire Monique Beaulieu, de la FADOQ Club de Lachenaie, qui compte plus de 560 membres.

Cette dernière remarque d'ailleurs que les gens dans la cinquantaine sont de plus en plus nombreux à vouloir profiter des activités et services offerts aux aînés dans la région.

Des résidences occupées

Selon le plus récent rapport sur les résidences pour personnes âgées du Québec, réalisé par le Marché de l'habitation, il semblerait aussi que les besoins de nos aînés soient comblés en ce qui concerne les résidences qui s'offrent à eux. On dit d'ailleurs qu'au Québec, «le marché des résidences pour personnes âgées est beaucoup plus développé que n'importe où ailleurs au pays».

Bien que nous ne disposions pas de données locales, on observe que dans la région de Lanaudière, le taux d'inoccupation des places en résidences pour personnes âgées se chiffre à 8,8 %, comparativement à 8 % pour l'ensemble du Québec.

Fait à noter, toujours dans la région de Lanaudière, le taux d'inoccupation des résidences dont le loyer se chiffre à plus de 1 600 $ est passé de 17,9 % à 4 % entre 2010 et 2011.

Plus de soins à domicile

En tant que députés provinciaux, Mathieu Traversy et Guillaume Tremblay se disent à l'affût des besoins de la population aînée de Terrebonne et Masson. «Nous croyons que l'on gagnerait à maximiser les soins et services à domicile pour les personnes âgées, ce qui contribuerait à soulager le travail des proches aidants et à éviter que ces gens se déplacent dans nos hôpitaux.»

De façon plus personnelle, M. Traversy ajoute qu'à Terrebonne particulièrement, il aimerait trouver les subventions et les ressources nécessaires pour que les citoyens ayant passé leur vie ici puissent terminer leurs jours ici. «On doit les aider à rester à Terrebonne et permettre la mise en place de projets qui iront dans ce sens. Il faut notamment développer plus de places en habitations sociales, en résidences ou en maisons intergénérationnelles. Il faut prévoir l'avenir.»
 
 
Les députés lanaudois réclament une commission d'enquête Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par courriel
 

Fossé de plus en plus profond entre les riches et les pauvres

L'heure est à l'action en matière de lutte à la pauvreté au Québec. Une commission parlementaire doit au plus tôt être mise en place, jugent les députés lanaudois. Des experts ainsi que ceux et celles qui oeuvrent chaque jour auprès des personnes les moins nanties pourraient y être entendus.

Ils évaluent que, mieux documenté, l'État pourrait lutter plus efficacement contre la pauvreté et l'exclusion sociale.

Urgence

«Chaque jour, encore trop de Québécoises et de Québécois souffrent des effets de la pauvreté et de l'exclusion sociale», estiment Nicolas Marceau (Rousseau), Scott McKay (L'Assomption), Mathieu Traversy (Terrebonne), Véronique Hivon (Joliette), Guillaume Tremblay (Masson) et André Villeneuve (Berthier), membres de l'aile parlementaire du Parti Québécois de Lanaudière.

Selon eux, les décisions prises au cours des dernières années par le gouvernement, comme les multiples hausses de tarif d'électricité ou la taxe-santé de 200$, n'ont rien pour améliorer le sort des plus démunis. «Près de 10 ans après l'adoption de la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale, il est temps de faire le point», maintiennent-ils.

Utilisant les chiffres du centre d'étude sur la pauvreté et l'exclusion rattaché au ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale, ils mettent en lumière que l'écart se creuse encore plus entre les riches et les pauvres.

Le quintile le plus pauvre affichait un revenu de 14,800$ en 2009 alors que celui le plus riche était de 69,200$, soit 4,7 fois plus élevé. En 1990, on parlait d'une somme de 12,200$ comparativement à un montant de 52,900$, un écart de 4,3.

«Voilà un signe évident que la situation se détériore», disent-ils.

À leur avis, le gouvernement Libéral mesure mal les répercussions de ses décisions sur les plus démunis.

«Il est temps qu'il enlève ses lunettes roses et constate la réalité. L'achalandage grandissant des banques alimentaires de notre territoire démontre bien que le nombre de citoyens en situation de pauvreté est plus grand aujourd'hui qu'il y a 10 ans», lancent-ils.
 
 
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